Burundi
Contexte
Depuis plus d'une décennie, le Burundi traverse une crise sociale et politico-militaire aux conséquences lourdes pour la population. La crise de 2015, déclenchée par la candidature contestée du président Nkurunziza à un troisième mandat, avait été marquée par la répression de manifestations pacifiques. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Évariste Ndayishimiye en mai 2020, les perspectives s'améliorent : levée des sanctions internationales et retour des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, indispensables pour sortir le pays de son isolement. Le Burundi reste l'un des pays les plus pauvres au monde. Selon la Banque mondiale, environ 62 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (Agence ADOCC), et le PIB par habitant ne dépasse pas 355 USD, plaçant le pays parmi les plus pauvres du continent (Direction générale du Trésor). Le chômage des jeunes est élevé, l'économie informelle prédomine, et l'inflation pèse fortement sur les prix des produits de première nécessité. Pénurie de carburant, coupures d'eau et d'électricité, crise des devises : autant de facteurs qui dégradent encore les conditions de vie.L'espace politique et démocratique demeure restreint, limitant l'expression de la société civile et des citoyen·ne·s, tandis que les violations des droits humains restent fréquentes. Lors des élections de juin 2025, plusieurs figures de l'opposition ont été empêchées de se présenter, et le parti au pouvoir (CNDD-FDD) a revendiqué plus de 96 % des voix. Les attaques contre opposant·e·s, journalistes et défenseur·euse·s des droits humains se poursuivent.
Notre action
Solsoc appuie des Initiatives d’économie sociale et solidaire (IESS) dans la région rurale du Kirimiro. Près de 6000 membres des coopératives dont 2.388 femmes sont accompagné∙e∙s par ADISCO pour l’amélioration des revenus au sein de leur ménage. L’UHACOM et la CNAC appuient les coopératives pour l’amélioration de leurs pratiques et la commercialisation de leurs produits. La Fédération syndicale de l’Agroalimentaire (FEBUTRA) mène des actions de plaidoyer pour défendre les droits au travail, forme des travailleur·euse·s et leurs représentant·e·s à travers son centre de formation et participe à la mise en place de coopératives syndicales. Dans le domaine de la protection sociale, Solsoc soutient les mutuelles de santé des caféiculteurs à travers la FEMUSCABU. Solsoc appuie également la confédération des mutuelles du Burundi (CONAMUS), ainsi que les plateformes nationale et régionale des acteurs mutualistes (PAMUSAB et PAMAC).
ORGANISATIONS PARTENAIRES BURUNDAISES
74
Associations et 17 réseaux d’organisations à base communautaire sont soutenus par le programme ;
233
emplois créées en 2023
Témoignage
Adhérer à la coopérative et au mouvement Haguruka des femmes a été une chose très bénéfique pour moi. Avant, je vivais beaucoup de difficultés et je n’avais pas la possibilité de gérer l’argent de notre famille, encore moins d’assumer seule les responsabilités de la famille. On vivait aussi dans une grande pauvreté, ce qui a fait qu’aucun de mes six enfants n’est scolarisé, car mon mari participait peu. Tout ceci a créé pas mal de tensions dans notre ménage. Mais notre situation a beaucoup changé. C’est en partie, grâce à différentes formations et activités organisées par le mouvement Haguruka des femmes, à travers la coopérative TERUJIMBERE dont je suis membre. Ces formations portaient sur le mieux vivre et sur les droits des femmes. Mon mari et moi y avons participé et après cela, mon mari a commencé à changer de comportement. Il a fini par prendre conscience de beaucoup de choses. Maintenant, il y a de l’harmonie dans le voisinage et dans la famille. Nous nous partageons les responsabilités au sein de la maison et, récemment, nous avons pu renouveler la toiture de notre maison grâce à l’argent de la tontine et d’autres projets familiaux. J’ai aussi pu avoir un porc à travers ma coopérative appuyée par ADISCO et Solsoc.
Nos partenaires
La Fédération Burundaise des Travailleurs de l’alimentation
La FEBUTRA est une fédération de syndicats du secteur agro-alimentaire formel et informel qui se donne pour mission de défendre les intérêts des travailleur·euse·s du Burundi dans le secteur de l’agro-alimentaire et des branches connexes, Influencer les politiques qui les concernent, contribuer à améliorer leurs conditions de vie et de travail et pour ce faire renforcer les capacités des syndicats membres.
La Confédération Nationale des Associations des Caféiculteurs du Burundi
La CNAC-MURIMA W’ISANGI est une organisation sans but lucratif burundaise créée en 2004, dont les membres sont des petits producteur·rice·s exploitant des plantations allant de 100 à 5000 caféiers chacun. La CNAC représente, plaide et défend les intérêts des caféiculteurs. Elle développe également les relations de solidarité, d’échange et de transfert de technologie entre les associations des caféiculteurs.