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"Mon enfant est tombé gravement malade, mais comme nous vivons dans l’extrême pauvreté, nous ne sommes pas directement partis à l’hôpital. Au moment où la situation devenait désespérée, nous avons décidé de nous y rendre. Les infirmiers ont tenté de donner les premiers soins, mais ils nous ont fait des ordonnances pour acheter des médicaments, alors que nous n’avons pas d’argent. Depuis, notre enfant est retenu prisonnier à l’hôpital en attendant qu’on puisse payer notre facture", Godiose Niyonsaba, mère de cinq enfants.
Le Burundi est un pays très pauvre : "Ici, entre février et avril, on ne peut parfois même pas trouver dix francs [0,006 euro]. C’est à cette période que des familles se ruinent pour leur santé, d’autant plus qu’elles sont souvent affaiblies par la famine", Victorine Ndorukwigira, affiliée à la mutuelle de santé Tubababrane de Mubuga.
Dans ces conditions difficiles, et malgré l’aide extérieure qui constitue la principale source de financement de la santé, le gouvernement n’a pas les moyens de prendre en charge les soins de santé de la population, qui sont fournis moyennant rétribution. Seuls 10% des Burundais - fonctionnaires de l’Etat et travailleurs du secteur privé - bénéficient d’une certaine protection sociale. Les familles les plus démunies sont incapables d’accéder aux centres de santé ou de payer les traitements dont ils ont besoin.
Pour améliorer la santé des populations, ADISCO, partenaire de Solidarité Socialiste au Burundi, soutient la Confédération Nationale des Caféiculteurs, le mouvement paysan le plus important et le mieux structuré du pays, dans son programme de création de mutuelles de santé.
Les mutuelles sont basées sur la solidarité entre les membres. Elles sont gérées par les populations elles-mêmes et permettent de répartir le coût des soins entre personnes malades et bien portantes. Elles sont regroupées en cinq Unions de mutuelles et une Fédération. L’objectif du programme appuyé par Solidarité Socialiste est que d’ici 2013 35 mutuelles fonctionnent et couvrent 180.000 personnes (en septembre 2011 : 26 mutuelles et 87.000 membres effectifs) et la mise en place d’une assurance-maladie universelle pour le secteur rural et informel portée par les populations et fondée sur la solidarité de tous, au niveau national. Le programme des mutuelles de santé au Burundi est soutenu par les mutualités socialistes du Hainaut.



