Les quatre partenaires retenus pour mener le programme au Sénégal sont APROFES (l’Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise), GREEN-Sénégal (Groupe de Recherche et d’Etudes Environnementales), la FONGS (Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal), et les mutuelles OYOFAL PAJ. Ils ont déjà été amenés à se concerter et à mener des actions communes dans le cadre du programme 2003-2007.
Deux axes thématiques « Accès à la santé » et « Souveraineté alimentaire » ont été retenus pour le programme au Sénégal. La thématique « genre » est transversale dans tout le programme.
Accès à la santé : les populations sont amenées à participer de plus en plus à la prise en charge de leurs problèmes de santé. C’est le résultat du désengagement de l’Etat du secteur de la santé, et aussi de la politique de décentralisation qui transfère les compétences au niveau local. La grande majorité de la population (80%) ne bénéficie d’aucune couverture sociale pour la prise en charge de ses frais médicaux et a donc des difficultés énormes à faire face aux dépenses de santé. C’est particulièrement vrai dans la région de Kaolack (ciblée par le programme) qui fait partie des cinq régions les plus pauvres du pays. 45% des femmes y vivent en-dessous du seuil de pauvreté. De plus, 93% des ménages pauvres de la région vivent en zone rurale. Il est donc important d’amener ces populations à accéder aux soins de santé. Les mutuelles communautaires de santé sont une des réponses pour améliorer l’accès aux soins de santé. Elles mettent en place des mécanismes de contribution solidaire, gérés par les communautés de base. A titre d’exemple, en matière de santé maternelle et néonatale, la région de Kaolack comptait en 2002, 744 décès sur 100 000 naissances vivantes. Depuis 2004, l’accès des femmes à des soins de santé de qualité a permis de réduire ce taux de mortalité à 493 grâce, notamment, à l’émergence de mutuelles de santé, conçues comme un instrument de solidarité.
Souveraineté alimentaire : alors que l’état continue de prôner une agriculture moderne ouverte au privé qui accèderait ainsi au foncier, les paysans tentent de vivre du principal moteur de développement du monde rural à savoir l’agriculture, pratiquée par des petites exploitations familiales. Elle est basée sur la production des cultures vivrières et constitue le levier de la sécurité alimentaire des populations rurales. Mais ce système de production est soumis à de nombreuses contraintes qui entraînent des productions très faibles. Rares sont les familles qui parviennent à couvrir avec leur production 70 à 80%, de leurs besoins alimentaires. La baisse de la fertilité des terres constitue le trait de caractère de toute la zone du bassin arachidier (zone du programme) longtemps soumise à la monoculture arachidière qui a fini par lessiver et déstructurer les sols. La salinisation et l’acidification des terres ont touché une grande partie de cette zone surtout dans les régions de Kaolack et de Fatick. En outre, l’ouverture du marché national à la concurrence suite à la libéralisation des marchés et le manque de politique de protection ne favorisent guère les petits producteurs. Pour faire face à ces défis, ceux-ci s’organisent en Organisations Paysannes, elles-mêmes regroupées en fédérations. C’est leur combat que Solidarité Socialiste et ses partenaires veulent appuyer.
Trente-six organisations communautaires seront accompagnées et renforcées par nos partenaires au Sénégal, identifiées parmi celles qui constituent la base sociale des partenaires dans la zone d’intervention du programme.