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Recommandations à l'UE et à ses États membres pour garantir des élections libres, impartiales, justes et transparentes en Bolivie

Recommandations à l'UE et à ses États membres pour garantir des élections libres, impartiales, justes et transparentes en Bolivie

En dialogue avec des organisations de société civile bolivienne, nous exprimons notre profonde inquiétude quant à la situation actuelle en Bolivie à la veille des élections présidentielles de ce 18 octobre 2020. Le pays subit une crise politique de plus en plus polarisante, ainsi qu’une crise économique, sanitaire et environnementale sans précédent. 

Suite aux élections du 20 octobre 2019, diverses organisations et institutions internationales avaient dénoncé de multiples violations des droits humains. Au total, 35 personnes sont mortes et d'innombrables ont été blessées[1] dans le cadre des manifestations qui ont suivi les élections. Par conséquent, en vue du calendrier électoral à venir, il était primordial, du point de vue d’Amnesty International que "les candidats à la présidence s’engagent également à prendre des mesures urgentes pour assainir la pandémie historique d'impunité qui frappe le pays"[2].

Les élections présidentielles auraient dû avoir lieu le 3 mai 2020, mais suite à l'épidémie de coronavirus, elles ont été reportées à deux reprises. En raison de la précarité de son système de santé et de la faiblesse de ses infrastructures, la Bolivie est l'un des pays les plus touchés au monde par la pandémie[3]. Alors que le pays continue à lutter contre ce fléau, le gouvernement est confronté à de graves problèmes, comme celui de son instabilité avec le départ de trois ministres.  Outre une crise politique et sanitaire, la Bolivie - pays extrêmement important pour la biodiversité mondiale - connaît également une détérioration environnementale, qui se manifeste avant tout par un écocide en Amazonie. Les incendies qui ravagent toujours le pays touchent à présent des communautés de Chiquitanía, et du Chaco Cruceño et Chuquisaqueño, mais étant donné que toute l'attention est concentrée sur les prochaines élections, le soutien du gouvernement arrive trop tard.

En prévision des élections présidentielles de ce 18 octobre 2020, nous nous adressons à l'UE et à ses États membres, dont la Belgique, afin de leur demander d'accorder une attention particulière au processus électoral afin qu'il se déroule de manière libre, impartiale, juste et transparente. Il est extrêmement important que la population bolivienne puisse voter sans crainte de persécution politique. Nous saluons l’existence d’une mission d'observation électorale prévue par l'UE[4], étant donné son rôle important dans le dialogue politique avec les autorités boliviennes. Dans une note conjointe[5] avec les Nations unies et la Conférence épiscopale bolivienne, l'UE a insisté sur le fait que les conditions sont désormais réunies « pour que tous les secteurs puissent retrouver la voie d'une coexistence pacifique, respectueuse et sans violence. C’est le moment de répondre ensemble, dans une attitude de dialogue et constructive, aux défis du pays ».

 Les organisations signataires rappellent à l'UE et à ses États membres (dont la Belgique) leurs obligations de promouvoir et de renforcer la démocratie, la paix et la non-violence, ainsi que le respect des droits humains dans le cadre de son action extérieure, et demandent instamment de:

- Promouvoir des mécanismes d'observation neutres qui puissent garantir la transparence du processus électoral, la stabilité et la tranquillité du pays après les élections, quel qu'en soit le résultat. Toute éventuelle ingérence dans les résultats des élections doit être condamnée.

- Superviser le processus électoral et post-électoral, en veillant au respect de la démocratie et des droits humains, territoriaux et environnementaux des boliviens et boliviennes, des peuples indigènes et des communautés paysannes en particulier.

- Lancer un appel constructif pour la résolution des tensions sans conflit dans le pays et à une culture d'acceptation de l'autre sans persécution, stigmatisation et racisme. Seul un dialogue constructif permettra au pays d'aller de l'avant. À cet égard, et en soulignant l'importance de la non discrimination, toute forme de racisme institutionnalisé doit être condamnée.

- Condamner tout type de violence qui pourrait se manifester dans le cadre des élections.

- Demander au gouvernement bolivien de veiller au respect des institutions nationales, en soulignant l'importance de la séparation des pouvoirs de l'État (législatif, exécutif, judiciaire), et le respect de la laïcité de l’Etat.

- Exhorter le gouvernement bolivien à respecter le droit international (liberté de réunion et d'association, liberté d'expression, non-discrimination, non-criminalisation de la société civile, interdiction de la détention arbitraire, interdiction de la torture).

- Inviter le futur gouvernement de Bolivie à prendre des mesures pour que les violations des droits humains commises lors de la crise post-électorale d’octobre 2019 fassent l'objet d'une enquête indépendante et impartiale, pour éviter qu'elles ne restent impunies et pour garantir les droits des victimes, comme le recommande Amnesty International, entre autres.

- Avoir un dialogue constructif avec la société civile bolivienne, afin d'identifier les initiatives qui peuvent contribuer à une culture de paix et de respect des droits humains.

 

Organisations signataires :

11.11.11 - Koepel van de Vlaamse Noord-Zuidbeweging

CNCD-11.11.11

Frères des Hommes

Solsoc

Solidagro

FOS

Broederlijk Delen

WSM – We social movements

Oxfam Belgique

Encuentro 

Bos+

Inta

 

[1] https://www.amnesty.org/es/latest/news/2020/08/bolivia-violaciones-derechos-humanos-durante-crisispostelectoral/

[2] Erika Guevara Rosas, Directrice des Amériques, Amnesty Internacional.

[3] https://www.nytimes.com/es/2020/08/22/espanol/america-latina/bolivia-coronavirus.html

[4] https://www.hrw.org/es/report/2020/09/11/la-justicia-como-arma/persecucion-politica-en-bolivia

[5] https://www.europapress.es/internacional/noticia-ue-aplaude-pacto-bolivia-elecciones-18-octubrecontribuye-pacificacion-20200814112910.html

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