S'informer

L’économie sociale et solidaire comme outil de résistance

20 janvier 2026

L’économie sociale et solidaire comme outil de résistance

En Palestine, l’occupation israélienne se traduit notamment par une dépossession des terres fertiles palestiniennes, des réserves en eau et autres ressources naturelles. L’agriculture, autrefois pilier de l’économie palestinienne, a été durement touchée par les politiques restrictives, le contrôle d'Israël, le vol de terres et les attaques de colons. Aujourd’hui, la majorité des produits consommés proviennent d’Israël, souvent issus des colonies. Cependant, des organisations palestiniennes, soutenues par une jeunesse engagée, développent l’économie sociale et solidaire pour créer des emplois, faire vivre l’agriculture locale et défendre la terre palestinienne. L’économie sociale et solidaire devient ainsi un levier d’autonomie, d’émancipation… et de résistance.

Nous avons rencontré Kristy Shammas, responsable de projet pour MAAN Development Center et Akef Darawsha, coordinateur au Popular Art Centre, deux organisations partenaires de Solsoc en Palestine.

Pourquoi l’économie sociale et solidaire est-elle un outil politique en Palestine ?

En Palestine, l'économie sociale et solidaire est plus qu'une économie alternative ; c'est un levier de résistance, car elle favorise le lien des Palestiniens à leur terre et renforce la résilience communautaire et l'indépendance économique.

Nos organisations ont mis sur pied le « Youth Partnership Forum ». Ce projet vise à renforcer la participation citoyenne des jeunes, à développer une économie sociale et solidaire durable et résiliente en Palestine, ainsi qu’à promouvoir les valeurs d'inclusion, de justice sociale et d'action coopérative. Nous soutenons les jeunes dans la création de coopératives dans différentes régions, en particulier des coopératives agroécologiques. Ces projets permettent à la fois de protéger la terre, qui est constamment menacée par la politique coloniale d’Israël, mais aussi de proposer des opportunités économiques pour les jeunes, dans un contexte où l’accès à l’emploi est compliqué.

Malgré les défis, nous accompagnons ces coopératives depuis plusieurs années, en leur apportant un soutien technique, administratif et financier continu afin de les accompagner dans leur résilience, mais aussi pour développer un modèle économique durable capable de prospérer dans nos conditions politiques et économiques particulièrement difficiles.

La période de récolte des olives vient de se terminer. C’est un moment fort dans la culture palestinienne, mais c’est aussi une période dangereuse pour les agriculteurs. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous mettez en place dans ce contexte ?

Comme chaque année pendant la saison de la récolte des olives, des coopératives de jeunes et des bénévoles du projet aident des agriculteur∙rice∙s à récolter leurs olives, en particulier dans les régions où ils sont confrontés à de sévères restrictions d'accès à leurs terres et à des attaques violentes organisées par les colons. Ensemble, ils et elles arrivent à récolter les olives, en plus grande sécurité, et arrivent à préserver cet aspect important de notre culture.

Nous sommes convaincus que le changement social peut être réalisé grâce à des initiatives de solidarité communautaire. L'économie sociale et solidaire est un outil puissant sur la voie de la libération. Les modèles coopératifs de jeunes en Palestine sèment de nouvelles graines d'espoir sur la voie de la libération politique, sociale et économique. C’est un des outils qui nous permettra d’obtenir notre liberté.

En utilisant le site Internet ayant pour URL www.solsoc.be, vous consentez à ce que les cookies puissent être placés sur votre appareil conformément à la présente Politique d'Utilisation des Cookies.
J'accepte