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Du Nord au Sud, l’économie sociale et solidaire : une alternative au modèle dominant

Du Nord au Sud, l’économie sociale et solidaire : une alternative au modèle dominant

Ce n’est pas un scoop, dans un secteur agroalimentaire en proie à l’économie capitaliste, il y a ceux qui gagnent (beaucoup !), et ceux qui peinent à joindre les deux bouts. L’agrobusiness n’est pas durable, il épuise les sols et les gens, il bafoue les droits fondamentaux aux quatre coins du globe. Comble du comble, il affame ceux qui nourrissent le monde, c’est indécent. Il y aurait de quoi baisser les bras ! Pourtant, un peu partout, les producteurs, les citoyens se rassemblent, interpellent, développent des initiatives plus conscientes et respectueuses. 

L’économie sociale et solidaire est un modèle mis en place pour appuyer ces initiatives. Il est promu par Solsoc et ses partenaires dans les différents pays où ils interviennent auprès des populations rurales. Pourquoi parle-t-on d’alternative ? Car l’économie sociale et solidaire reconnaît la primauté du travail et des personnes sur l’argent, elle promeut la mutualisation des ressources et des risques ainsi que la participation des membres, elle se veut indépendante et non instrumentalisée, elle défend les valeurs démocratiques et bannit toute discrimination et, last but not least, elle a un but transformatif pour la société en participant au renforcement de mouvements sociaux.

Concrètement, sur le terrain, nos partenaires comme l’ONG GREEN Sénégal accompagnent des groupements et des réseaux de producteurs-trices et de transformateurs-trices afin qu’ils puissent améliorer leurs conditions de vie et de travail. L’action de GREEN soutenue par Solsoc vise autant la professionnalisation et la structuration des initiatives que leur renforcement politique. Depuis 2017, GREEN se consacre davantage à l’intégration des jeunes dans l’économie sociale et solidaire, en les sensibilisant à ce modèle et en leur offrant un accès à des revenus décents par le développement d’activités diverses. 

En Belgique aussi fleurissent des projets innovants dans le champ de l’économie sociale. Lors du passage en Belgique de représentants de toutes les organisations partenaires de Solsoc, la première quinzaine d’octobre dans le cadre de notre séminaire international, nous avons voulu leur faire découvrir ce qui se faisait ici. C’est ainsi que le 8 octobre, l’ensemble de notre délégation s’est rendue à Liège. Première escale à la Cité miroir à Liège, un espace culturel et citoyen en plein cœur de Liège, pour découvrir deux organisations : le SAW-B et la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise.

Le SAW-B est une fédération pluraliste d’entreprises sociales et d’économie sociale wallonnes et bruxelloises. Elle était représentée par Quentin Mortier, coordinateur, qui a présenté le cadre de l’économie sociale en Belgique et les principes qui la définissent. La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (CATL), elle, émane d’une coalition d’acteurs citoyens, économiques et culturels de la région liégeoise engagés dans le projet de transformation en profondeur du système alimentaire régional. Ces dernières années, à contre-courant de la tendance à la disparition d’un nombre important d’exploitations agricoles et d’une perte de souveraineté alimentaire régionale, des dizaines d’initiatives de production et de commercialisation alternatives se sont lancées en région liégeoise.

La deuxième partie de la journée s’est déroulée sur le champ-école de La Bourrache, une entreprise d’économie sociale qui a comme vocation l’insertion socio-professionnelle à travers la formation à deux métiers : le maraîchage et le jardinage. Ils proposent également la vente de légumes biologiques et de saison et l’entretien de jardin par leur équipe de stagiaires. Lors de notre visite, nous avons eu l’occasion, à travers des petits groupes, de rencontrer les différents acteurs de ce projet : stagiaires, formateurs, équipes administratives et financières et coordinatrice.

Ibrahima Fall, chargé de programme chez GREEN Sénégal nous fait part de ce qui lui a inspiré la journée : « La visite de terrain à la Bourrache oriente notre réflexion sur la chaîne de production développée à la ferme de Diamniadio au Sénégal, où le séjour à la ferme est proposé aux jeunes diplômés des écoles de formation en horticulture amenés à pratiquer et à vivre les réalités du terrain pour une durée de 3 mois. La rencontre avec les stagiaires et la découverte de leur profil permet d’envisager de notre côté d’élargir nos formations aux jeunes sortis du système éducatif. Au Sénégal, cela concerne 33% des jeunes âgés de moins de 20 ans. Une perspective serait donc de leur proposer une réinsertion dans les métiers agricoles, avec la participation des autorités politiques et de nos partenaires. »

Des rencontres riches, qui ont permis aux partenaires de faire des parallèles avec leur contexte et leurs projets, mais également de soulever des questions, des constatations, et des pistes de stratégies, comme l’importance de la mise en réseau de ces organisations, du soutien public pour permettre leur développement, en particulier en terme de financement et la stratégie de formation vers les jeunes.

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