S'informer

Covid-19 : Les partenaires marocains se mobilisent pour les habitants des quartiers populaires

Covid-19 : Les partenaires marocains se mobilisent pour les habitants des quartiers populaires

13 mai 2020

Le 2 mars 2020, le Maroc recensait son premier cas positif au Covid-19. Le 19 mars, l’Etat déclarait l’état d’urgence sanitaire et la suspension des activités économiques non essentielles, ainsi que la réglementation des mouvements de circulation et de transport des citoyen.ne.s par des autorisations exceptionnelles de déplacements délivrées par les autorités locales. Ces mesures ont eu des répercussions directes sur la vie quotidienne, en particulier sur la vie des travailleur.se.s du secteur informel.

 « Restez chez vous »

C’est le mot d’ordre annoncé par les autorités marocaines depuis le 19 mars. Il a été suivi par les organisations de la société civile, y compris les associations et coopératives soutenue par IFAAP[1], AFAQ[2] et AJR[3], partenaires de Solsoc, qui se sont mobilisées pour limiter la propagation du virus et mettre en place des mesures économiques et sociales pour accompagner les populations les plus vulnérables et marginalisées par la crise sanitaire.

Les associations se mobilisent

Dès le début de la crise, les associations ont participé, aux côtés des autorités publiques, à la distribution gratuite de masques afin de limiter la propagation du virus. Ils ont également mis en place des activités de sensibilisation et conscientisation des citoyens à l’importance du respect des gestes barrières et incités les autorités à la stérilisation de tous les quartiers. Mais les résultats de cette campagne furent très limités du fait de la précarité économique de la majorité des familles dans les quartiers populaires. En effet, elles vivent du secteur informel, qui procure des revenus au jour le jour (serveurs de café, masseuses dans les hammams, conducteurs de taxis, etc.).

Pour répondre aux besoins des habitant.e.s des quartiers populaires, les associations et les coopératives ont organisé des campagnes de solidarités en distribuant certains produits de base aux familles dans le besoin. Certaines initiatives économiques ont été particulièrement actives, en particulier dans le secteur de la restauration et de la pâtisserie, et ont organisé la distribution gratuite d’une partie de leurs produits au début du confinement. Elles ont aussi organisé la prise en charge des femmes abandonnées. Ces opérations solidaires se sont renforcées avec de début du ramadan.

Suite à la mise en œuvre par les autorités des mesures de soutien aux familles victimes de la pandémie au travers du fond solidaire Covid-19, les associations ont accompagné les citoyen.ne.s, et plus particulièrement les personnes âgées les non-alphabétisé.e.s, à remplir les questionnaires relatifs à leurs dossiers de demande de soutien.

Les associations et les coopératives ont procédé à la mobilisation de jeunes volontaires pour assurer des courses au profit de personnes âgées ou porteuses de maladies chroniques. Une coopérative a mis à disposition une voiture pour assurer le transport des produits à distribuer.

Elles ont également interpelé les autorités sanitaires afin de fournir aux malades les médicaments de maladies chroniques (diabète, tension) en quantité suffisante pour la durée du confinement et éviter ainsi les déplacements quotidiens.

Le secteur associatif reste attentif à une gestion démocratique de la crise

Le programme a également tenté d’accompagner la mise en place de la scolarité à distance en informant les parents des lieux mis à disposition par le ministère de l’Éducation nationale. Elle souligne, cependant, les difficultés persistantes pour les familles qui ne disposent pas d’ordinateurs.  Dans ce cadre, un courrier a été envoyé au ministère pour rappeler que la poursuite des études à distance sans matériel informatique est problématique, surtout dans un contexte économique et social amplifié par le confinement.

Malgré les efforts mis en œuvre pour de dépasser cette crise, son impact sur les couches les plus précarisées est dévastateur. Les inégalités sont de plus en plus visibles, notamment celles liées à l’accès aux mesures de soutien public et ce malgré la volonté de mettre en place des stratégies ciblant des catégories marginalisées telles que les migrants subsahariens, particulièrement précarisés. Les partenaires de Solsoc au Maroc tentent de veiller à ce que les mesures gouvernementales prises restent bien limitées au contrôle de la pandémie et non pas à la mise en place de nouvelles lois et mesures limitant les droits, telles que le projet de loi 22.20 concernant le contrôle des réseaux de communication sociale.


[1] IFAAP : Institut de Formation et d’Accompagnement des Associations de Proximité

[2] AFAQ : Action femmes des Associations des Quartiers du Grand Casablanca

[3] AJR : Action Jeunes Régionale des associations de quartiers

 

#
#
En utilisant le site Internet ayant pour URL www.solsoc.be, vous consentez à ce que les cookies puissent être placés sur votre appareil conformément à la présente Politique d'Utilisation des Cookies.
J'accepte