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COVID-19 : LES FEMMES BOLIVIENNES TOUJOURS DEBOUT !

COVID-19 : LES FEMMES BOLIVIENNES TOUJOURS DEBOUT !

L’épidémie de Covid-19 et les mesures imposées pour l’endiguer, l'instabilité politique et économique ont eu pour conséquence la dégradation des conditions de vie des femmes boliviennes et l’augmentation des violences faites aux femmes boliviennes.

Résistantes face à la pandémie :

Comme dans de nombreux pays à travers le monde, le secteur informel en Bolivie a été touché de plein fouet par pandémie. Durant le confinement les petites activités générant des revenus journaliers se sont arrêtées du jour au lendemain. Cette situation a affecté le quotidien de nombreuses femmes qui composent 80% de ce secteur ; celles-ci ont perdu 70% de leur revenu. Dans le secteur formel, les femmes ouvrières qui, déjà avant la crise, devaient accepter des conditions de travail particulièrement difficiles ont été obligées d’accepter des conditions de travail indécentes (journée de plus de 8 heures, revenu inférieur au salaire minimum, sans protection sociale, ni congé de maternité). En outre, plusieurs d’entre elles ont perdu leur emploi suite à une vague de licenciements massifs. Comme souvent, les femmes boliviennes n’apportent pas seulement une source de revenus pour le foyer, elles s’occupent également des tâches ménagères et des soins des membres de la famille. Avec le confinement, elles ont vu leur temps de travail augmenter jusqu’à 3 fois, en assurant l’éducation des enfants qui n’assistent plus à l’école, les tâches domestiques et leur emploi.  Face à cette situation, les femmes boliviennes se sont mobilisées. Plusieurs d’entre elles sont en première ligne pour lutter contre l’épidémie, occupent la majorité des emplois au sein du secteur de santé, de l’agroalimentaire et de la propreté publique. Certaines d’entre elles ont fait le lien entre la ville et les champs afin d’assurer l’approvisionnement alimentaire et se sont également organisées pour assurer des repas collectifs.

Femmes boliviennes : À quand une vie sans violences ?

Il y a 8 ans, le 9 mars 2013, une loi visant à garantir aux femmes une vie sans violence (loi 348) est entrée en vigueur en Bolivie avec l'espoir de voir le taux de violence faites aux femmes diminuer. Cette loi rend passible le féminicide de 30 ans de prison, ce qui représente la peine maximale prévue par la loi bolivienne. Cependant, au cours des cinq dernières années, il y a eu plus d'une centaine de cas de féminicide par an. Ainsi, en 2020, 113 femmes ont été tuées en Bolivie. Selon les données fournies par le ministère public bolivien, jusqu'à l'année dernière, seulement 12 cas de féminicides ont été condamnés par la justice. Violences physiques, psychologiques, sexuelles, meurtres … Les différentes formes de violence qui frappent quotidiennement les femmes boliviennes n'ont pas diminué avec le premier confinement de 2020. Au contraire, il est venu révéler une réalité aussi préoccupante que la pandémie. Plus les femmes sont isolées, plus elles sont vulnérables à la violence machiste. Isolées dans leur foyer, les femmes partagent davantage de temps avec leurs « agresseurs » potentiels et, en raison des tensions de cette période de l'année, elles sont plus vulnérables aux actes de violence. Au cours de l'année 2020, chaque jour, en moyenne sept femmes, filles, garçons et adolescents ont été victimes de violences sexuelles au sein de leur propre foyer. Au cours de l'année 2020, 51 infanticides ont également été enregistrés. La plupart des enfants avaient moins d'un an et sont morts entre les mains de ceux qui auraient dû s'en occuper. Malgré ces chiffres dramatiques, on estime que pendant le confinement, il y a eu une diminution de dénonciations des cas de violences. En effet, les restrictions liées aux déplacements des personnes ont empêché les femmes de signaler les cas de violence. De plus, les organismes publics créés pour aider les victimes ont concentré leurs efforts sur l'urgence sanitaire.

Ces réalités dramatiques constituent un défi considérable et urgent pour la société bolivienne dans son ensemble et pour le nouveau gouvernement de Luis Arce (Mouvement vers le socialisme) élu en octobre dernier, dans un contexte de polarisation grandissante du pays et un an après le déclenchement d’une grave crise postélectorale qui s’est caractérisée par une instabilité politique, une répression brutale des manifestations, de nombreuses violations de droits humains.

Stop au harcèlement et aux violences dans le monde du travail !

L’organisation REMTE, notre partenaire en Bolivie, accompagne le processus de ratification par la Bolivie de la Convention 190 de l’OIT sur "la violence et le harcèlement dans le monde du travail". Un fléau qui affecte le quotidien des femmes boliviennes. Cette convention est l'occasion pour chaque pays qui la ratifie d'adopter des politiques publiques applicables aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé.  Des politiques qui devraient se traduire par une offre d'informations systématisées sur ce que signifie le harcèlement au travail, un encouragement à dénoncer les violences et le harcèlement au travail, la mise en place d’instances chargées de recevoir les plaintes, la formation d’opérateurs prêts à identifier les cas de harcèlement. 

La convention 190 de l’OIT sur « la violence et le harcèlement au travail » doit être ratifiée en Bolivie et partout dans le monde. Aux côtés de ses partenaires en Belgique et à l’international, Solsoc continue de se mobiliser pour que soient respectés les droits des femmes et des travailleuses.

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