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Colombie : la société civile s’organise pour répondre à la crise imposée par le Coronavirus

Colombie : la société civile s’organise pour répondre à la crise imposée par le Coronavirus

En Colombie, depuis le 24 mars, le gouvernement Duque a adopté 4 stratégies afin de lutter contre la pandémie du coronavirus : restriction de l'entrée des voyageur∙euse∙s internationaux∙ales, mesures d'éloignement physique, protection des personnes de plus de 70 ans, mise en place d'une quarantaine.

Mais l’annonce de ces premières mesures sanitaires d’urgence a coïncidé de manière inquiétante avec une série d'attaques et d'assassinats de dirigeants sociaux, suscitant de réelles préoccupations parmi les organisations et les réseaux qui défendent les droits humains dans le pays.

Face à ce contexte de crise, nos partenaires, IPC et ATI, ont ajusté leurs interventions. Comme la violence dans les territoires d’intervention n’a pas cessé malgré les risques de pandémie, les syndicats se concentreront encore plus sur la question des licenciements et des garanties de revenus pour celles et ceux qui ne peuvent continuer à travailler, en faisant pression directement sur les employeurs et les entités de contrôle locales, car le système judiciaire est paralysé.

A titre d’exemple, l'entreprise nationale d'AB InBev arrête ses lignes de production et une vague de licenciements est prévue dans les prochaines semaines. L'industrie de la canne à sucre et de l'agroalimentaire est toujours en activité, mais la lutte est engagée pour garantir des conditions de sécurité sanitaire aux travailleur∙euse∙s concerné∙e∙s. Seule une partie de l'équipe juridique du syndicat Sintra14 continue à accompagner les affilié∙e∙s de ce secteur afin de les conseiller.

L'Association paysanne de San José de Apartadó, a organisé, avec le gouvernement local, des actions de fermeture des routes afin que personne ne puisse entrer dans les villages. Les associé∙e∙s ont également proposé de travailler avec les communautés sur une programmation de produits maraîchers consommés par les familles de ces villages et des municipalités avoisinantes, anticipant une future pénurie. L'Association Tierra y Paz a développé une stratégie de suivi permanent de la situation de leurs associé∙e∙s, en gérant certaines aides pour ceux et celles qui ne peuvent pas travailler et en mettant en place des stratégies pour permettre aux paysan∙ne∙s de survivre économiquement et en sécurité.

Le Réseau National de l'Agriculture Familiale, RENAF, exhorte les autorités à réfléchir sur l’importance des canaux alternatifs d'approvisionnement alimentaire de l'Agriculture Familiale et Communautaire (ACFC), comme des lieux de commercialisation et de distribution éthiques et solidaires. Le Réseau insiste sur l’important des mesures que le gouvernement doit prendre pour contribuer au futur défi alimentaire qui touchera des millions de personnes dans les villes et les zones urbaines du pays. De nombreuses personnes, jeunes et adultes qui vivent du commerce informel et journalier, vont se retrouver dans des situations encore plus précaires, ce qui génère des vols, du vandalisme, etc. Enfin, le RENAF élabore actuellement un protocole de biosécurité pour la manipulation, la production, la collecte, la distribution et la commercialisation des denrées alimentaires, ainsi que des recommandations aux consommateurs.

Enfin, nos partenaires colombiens appellent les gouvernements locaux, régionaux et nationaux à s'engager dans une vision à long terme pour l'agriculture familiale et communautaire. Que cette crise soit utilisée pour promouvoir une réflexion citoyenne sur l'importance stratégique de la production alimentaire dans ces communautés et comme une véritable économie solidaire au service de l’ éducation à l’environnement.

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