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« Attendu qu'une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale »

« Attendu qu'une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale »

Ainsi débute le préambule de la Constitution de l’Organisation Internationale du Travail, l’OIT. On est en 1919, au sortir de la Grande Guerre. Avant d’être transformés en chair à canon, les ouvriers des grandes nations industrielles ont lutté et obtenu leurs premiers grands succès. Une fois la paix signée, il n’était pas question de les évacuer. Cent ans plus tard, quand on apprend que des esclaves modernes produisent certains de nos biens de consommation, cela procure une drôle de sensation, moins poétique que l’effet papillon…

Les enjeux liés au travail dépassent les frontières des maisons, des champs, des usines et des nations. L’OIT est la seule agence des Nations Unies qui réunit des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleur·euse·s. Sa mission est de promouvoir le travail décent pour tous les hommes et toutes les femmes dans le monde. Bien plus qu’un concept théorique, le travail décent peut être vu comme un moteur pour améliorer les conditions de vie des travailleur·euse·s et contribuer à un développement qui soit réellement durable. Promouvoir l’emploi, garantir les droits au travail, étendre la protection sociale et encourager le dialogue social, ce sont les quatre piliers de l’Agenda de l’OIT pour le travail décent, l’égalité hommes-femmes étant une thématique transversale. Issue de l’Action Commune socialiste et héritière des luttes ouvrières, Solsoc a ces préoccupations inscrites dans son ADN, de même que ses partenaires FOS, IFSI, la FGTB et Solidaris.   

Cela dit, concrètement, comment cela se traduit dans les actions d’une ONG active dans le domaine de la solidarité internationale ? Au travers de différents axes de travail, Solsoc et ses partenaires contribuent à l’avancement des quatre piliers évoqués ci-dessus. Le premier est la création d’emploi et de moyens de subsistance durables, c’est-à-dire le fait d’avoir accès à un travail, dans de bonnes conditions, qui procure un revenu suffisant pour vivre dignement. Pour encourager cela, Solsoc fait le choix de promouvoir l’économie sociale et solidaire, une alternative économique au modèle néo-libéral, basé sur la participation démocratique, l’inclusion et la solidarité, plutôt que sur la compétition et la recherche du profit à tout prix. L’économie sociale et solidaire aide à repenser les modes de production et de commercialisation des produits, ainsi que la gestion économique des initiatives. Au Maroc par exemple, les partenaires AFAQ, AJR et IFAAP accompagnent 20 initiatives d'économie sociale et solidaire (IESS) issues du secteur informel tenues par des femmes et des jeunes dans les quartiers populaires de Casablanca. 49 emplois ont ainsi été créés depuis le début du programme, mais les résultats sont également visibles en termes de qualité de vie, de durabilité des dynamiques, d’émancipation socio-économique des femmes…

Le deuxième pilier est formé par les droits au travail, notamment la liberté d’association et de se syndicaliser, le droit de négocier collectivement, l’élimination du travail forcé et l’interdiction du travail des enfants. En Bolivie, la FGTB-HORVAL et Solsoc appuient REMTE un réseau de femmes citoyennes et syndicalistes décidées à transformer l’économie et à revendiquer l’inclusion des femmes dans le monde du travail. Elles travaillent actuellement sur la question du harcèlement au travail, tant au niveau national qu’au niveau international au sein de l’OIT.

Le troisième pilier est la protection sociale, qui consiste à garantir l’accès aux soins de santé et à des revenus de remplacement dans les moments difficiles que sont la maladie, l’invalidité, la vieillesse, le chômage.  La protection sociale est un droit universel, et pourtant, seulement 27 pour cent de la population mondiale bénéficient d’une couverture sociale. En Afrique, où le défi le plus urgent est l’accès à la santé, plus de 80 pour cent des femmes, hommes et enfants n’ont accès à aucune protection sociale. C’est pourquoi, avec l’appui des mutualités socialistes, Solsoc soutient l’extension des mutuelles de santé communautaires. Au Sénégal, notre partenaire Oyofal Paj appuie 42 mutuelles de santé dans l’Ouest du pays, ce qui permet à 296.714 personnes d’accéder à des soins médicaux.

Le dernier pilier est le dialogue social, à savoir la recherche des solutions les plus durables à travers la concertation sociale, la négociation collective, la coopération, la consultation entre les travailleur·euse·s, les employeurs et les gouvernements. En appuyant au Burundi la FEBUTRA, fédération des syndicats du secteur agroalimentaire et des branches connexes à se structurer, à élargir son assise, à renforcer ses membres, à développer un axe de formation pour les travailleur·euse·s, à mener des actions politiques et de plaidoyer, le programme contribue à favoriser les conditions d’un dialogue social au sein des entreprises et des exploitations agricoles.  En 2018, la FEBUTRA est devenue membre du Comité National de Dialogue Social (CNDS) pour la branche agriculture et industrie alimentaire et a été associée à la Commission de révision du Code du travail.

Certains progrès sont bien palpables mais face à des systèmes fondés sur la domination et générateurs d’injustices, immenses sont les défis et il ne suffit pas que chacun·e essaie de faire de son mieux à la façon du colibri. Nous devons continuer d’agir ensemble, d’appuyer des mouvements sociaux ancrés dans les communautés et d’exiger des changements à tous les niveaux de la société.

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