Les actions des partenaires de Solidarité Socialiste en Palestine, Bisan Center, MA’AN et Popular Art Center, s’axeront sur la thématique "Travail décent pour une vie digne". Surtout pour une vie digne, particulièrement pour les jeunes. Dans une société où 45% de la population a moins de 15 ans et 52,2% moins de 18 ans, en sachant qu’avec un taux de croissance de la population de 3,7% cette proportion n’est pas prête de changer, il est vital de permettre aux jeunes et à leurs organisations de jouer un rôle constructif, si l’on veut que la Palestine ait la moindre chance de pouvoir encore exister dans le futur.
Cependant, aujourd’hui, ce sont eux la cible principale des incursions israéliennes ; leur déplacements sont encore davantage restreints par rapport à ceux du reste de la population, et le taux de chômage des 20-24 ans est de 47,5% à Gaza et de 27,7% en Cisjordanie. Les opportunités d’études ont beaucoup diminué face à la situation économique des familles et du fait de la situation politique et des blocages permanents qui empêchent souvent les déplacements vers les écoles et universités. Depuis la deuxième Intifada, la plupart des jeunes se trouvent confinés dans leurs villages sans possibilité de penser et d’envisager l’avenir. Au niveau politique, les jeunes sont totalement oubliés et rien n’existe qui permettrait de promouvoir leur rôle et leur participation, ne serait-ce même que dans les sujets qui les concernent directement. Il est dès lors déterminant de renforcer leurs capacités pour qu’ils puissent participer de manière positive et qu’ils sentent qu’ils peuvent apporter d’autres visions et d’autres manières de faire. Il faut leur offrir des alternatives pour qu’ils puissent se sentir utiles dans et à leur communauté.
C’est dans ce contexte que les partenaires palestiniens vont placer les jeunes au centre du nouveau programme, par le soutien et le renforcement des organisations de jeunes ou/et des organisations qui ont comme public-cible les jeunes. En répondant à travers des actions concrètes à leurs besoins de base tout en renforçant leurs capacités d’action politique au sein et vis-à-vis des autorités locales et régionales. Tant que leur rôle constructif et positif ne sera pas mis en avant, le pays n’a guère de chance de se construire un avenir.
Durant les trois premières années de travail le programme sera mis en place dans la région de Ramallah qui comprend 99 villages et environ 300.000 personnes. Le choix de cette région répond à différents éléments.
D’abord, la région de Ramallah, surtout au niveau des villages plus éloignés, reçoit très peu d’appui de la part des organisations nationales ou internationales. La situation n’a fait que se détériorer ces dernières années du fait que la construction du mur et des colonies israéliennes dans cette zone a renforcé l’isolement et la restriction des déplacements de la population et des produits de consommation. Il devient de plus en plus difficile pour les gens d’aller à la ville de Ramallah et d’avoir des papiers pour se déplacer. Le chômage a augmenté de manière importante. Et alors que, par le passé, les populations de ces régions, avaient comme centre de référence (lieu de travail, d’approvisionnement, de vente...) la ville de Ramallah et même Jérusalem Est, se rendre aujourd’hui à Ramallah (ne parlons même pas de Jérusalem Est) devient « un parcours du combattant » et les gens limitent leurs déplacements à leur village. Pour ces populations et surtout pour les jeunes, cette situation est très difficile, sans beaucoup de possibilités d’avenir en termes de formation, de travail et autres perspectives de développement. Ils s’enfoncent dans le désespoir et sont plus facilement attirés par des solutions plus radicales. Pour les femmes et surtout pour les jeunes filles, cette situation est encore plus grave, du fait que leurs possibilités de déplacement sont non seulement influencées par la situation politique, mais aussi souvent par les familles.
D’autre part, étant donné la difficulté de se déplacer pour toute la population palestinienne, le fait que les trois partenaires soient présents dans cette région va faciliter et renforcer le travail conjoint et l’appui aux organisations de base. Les possibilités de rencontres, d’échanges entre les organisations seront moins difficiles du fait de se trouver dans la même zone. Aujourd’hui tout échange ou déplacement avec d’autres régions (Jénine, Bethléem, ...) est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible. En réponse à cet isolement des petits groupes et clubs des jeunes se mettent en place et essaient de dynamiser tant bien que mal les communautés et surtout les enfants et les jeunes. C’est avec eux que Solidarité Socialiste et ses partenaires vont travailler.