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Solidarité Socialiste en mission d’information en Colombie

Du 29 octobre au 5 novembre dernier, une délégation composée de trois députées belges, Gwenaëlle Grovonius (PS), Olga Zrihen (PS) et Hélène Ryckmans (Ecolo), de la parlementaire autrichienne Petra Bayr (SPÖ) et de la parlementaire européenne du groupe GUE/NGL Tania Gonzalez Peñas, s’est envolée vers la Colombie pour une mission d’information organisée par la Coordination Belge pour la Colombie, dont Solidarité Socialiste est membre.

La mission a débuté le dimanche 30 octobre avec une réunion de contextualisation qui a été organisée par ATI(Association de Travail Interdisciplinaire), partenaire de Solidarité Socialiste à Bogota. La délégation s’est ensuite divisée en deux groupes. L’un s’est déplacé vers le Sud pour visiter la région de Cauca et l’autre, composé entre autres d’Olga Zrihen, Tania Gonzalez et des deux représentantes de Solidarité Socialiste s’est envolé vers le Nord dans la région d’Antioquia.

La première réunion de la délégation du Nord s’est tenue à la Maison de la Mémoire à Medellín, un espace dédié aux victimes du conflit armé. Diego Herrera Duque, directeur de l’IPC (Institut Populaire de Formation), partenaire de Solidarité Socialiste, a présenté la problématique des victimes et des extractions minières. Ensuite, se sont succédés les témoignages de victimes d’enlèvements, d’exécutions extrajudiciaires et d’accaparement de terres. José Alexander Castro, Coordinateur du mouvement national des victimes de la région d’Antioquia, dont le frère et l’oncle ont été assassinés en 2006 par des militaires, a dénoncé l’impunité des responsables et a insisté sur le devoir de vérité, de justice, de réparation et de garanties de non-répétition.

Le lendemain, la délégation a entamé les visites de terrain, dans la région de Uraba, l’une des plus touchées par le phénomène de l’accaparement des terres, où a eu lieu une réunion avec des agriculteurs de la région et des leaders afro-colombiens. Elle a, en premier lieu, écouté les témoignages de plusieurs personnes, dont celui de Laureano Gomez, Vice-Président de Tierra y Paz (Terre et Paix), organisation soutenue par Solidarité Socialiste : « Ma famille et moi sommes venus à Uraba car nous savions que la terre ici est très fertile. Nous avons travaillé dur pour monter notre ferme, sans aide de la part du gouvernement. Un jour, un groupe paramilitaire a débarqué et nous a dépossédés de nos terres balayant en quelques instants tous les efforts que nous avions fournis et toute la souffrance que nous avions éprouvée pour construire tout ça… » Le cas de Laureano Gomez n’est malheureusement pas une exception. La communauté est confrontée de manière régulière à des agressions physiques, des menaces, à la destruction de terrains et à la destitution de terres. Après cette réunion, la délégation s’est rendue à l’Unité pour les victimes, service national décentralisé chargé de la restitution des terres et de la réparation des victimes, où elle a notamment interrogé la directrice sur l’efficacité de ce service. Selon la fondation Forjando Futuros (En forgeant l’avenir), des 150.000 hectares de terres qui ont été dépossédés dans la région d’Uraba, l’Unité de Restitution n’en a restitué jusqu’à présent que 8.420, ce qui représente 5.6% du total. Tania Gonzalez a exprimé ses inquiétudes à ce sujet : « On nous a donné des chiffres, mais il reste énormément à faire pour atteindre les objectifs fixés… »

La visite à Uraba a également été l’occasion de rencontrer plusieurs autres communautés, entendre leur vécu et leurs préoccupations. Parmi elles, la communauté de San José de Apartado, une des communautés les plus touchées par la violence armée de la région, avec qui Solidarité Socialiste entamera une collaboration très prochainement. Dans l’après-midi la délégation a rencontré le maire d’Apartado avec qui elle a pu également échanger sur la problématique de l’accaparement de terres.

De retour à Bogota, la délégation s’est rendue à la représentation de l’Union Européenne afin de discuter de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Colombie. Selon la députée Gwenaelle Grovonius, qui a visité la vallée de Cauca : « Il est essentiel de mettre en place des mécanismes effectifs d’évaluation, de contrôle et de sanctions contraignantes en cas de non-respect de clauses sociales et environnementale explicitement inscrites dans cet accord. Dans le cas contraire, les multinationales poursuivront leur travail de destruction massive en toute impunité. »

La mission s’est achevée le 4 novembre, avec une conférence de presse. Les parlementaires belges sont de retour au pays, convaincues qu’un travail politique sur la Colombie est fondamental. A suivre donc…





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