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Bruxelles, le 18 février 2014

Lettre ouverte au Président de la République de Colombie

Son excellence Juan Manuel Santos Calderón

Nous, 31 organisations et réseaux d’organisations signataires, souhaitons exprimer notre profonde inquiétude quant aux différentes menaces que de nombreuses personnes candidates aux prochaines élections présidentielles et au Congrès de la République de Colombie ont reçues lors des dernières semaines. Les élections constituent la pierre angulaire d’un système politique démocratique. Par conséquent, la violence dont font l’objet certain(e)s candidat(e)s politiques nous préoccupe, car elle pourrait mettre en péril la légitimité des élections.

De même, nous sommes préoccupés par les menaces et les assassinats perpétrés contre des dirigeants de mouvements sociaux et d’organisations de défense des droits de l’Homme. Nous nous trouvons face à un contexte généralisé de manque de sécurité.

Nous voulons tout particulièrement attirer votre attention sur les points suivants :

  • Le 2 février, un courrier est parvenu à la Commission nationale des droits de l’Homme de la Marche patriotique. L’expéditeur menace les candidat(e)s de l’Union patriotique qui se présentent au Congrès de la République, et plus particulièrement Aida Abella, Omer Calderón, Carlos Lozano et Jaime Caicedo, qui président l’Union patriotique et le Parti communiste colombien. Cette lettre de menace promet une récompense de 50 millions de pesos pour leurs assassinats. Rappelons que l’Union patriotique a été victime d’une extermination de milliers de ses militants à la fin des années 1980 et au début des années 1990. En juin 2013, elle a recouvré sa personnalité juridique, qui lui avait été retirée en 2002 par le Conseil national électoral.
  • Le 4 février, Iván Cepeda Castro, membre de la Chambre des représentants et Alirio Uribe, candidats du Pôle démocratique alternatif au Congrès de la République, ont reçu par courrier électronique des menaces proférées par les “Aigles noirs”, un prétendu groupe paramilitaire. Ils qualifient Alirio Uribe et l’organisation des droits de l’Homme à laquelle il appartenait en qualité de président il y encore quelques mois – le Collectif d’avocats José Alvear Restrepo et le Mouvement national des victimes des crimes d’État (MOVICE) – de « terroristes ». De plus, ils intimident Iván Cepeda en lui remémorant l’assassinat de son père, sénateur de l’UP, assassinat pour lequel l’État colombien a été condamné par la Cour interaméricaine. Finalement, l’actuel maire de Bogotá, Gustavo Petro, est également menacé. Comme l’a expliqué le Collectif d’avocats dans une lettre ouverte, si « de telles menaces sont a priori “formulées” par les Aigles Noirs […], bon nombre d’exemples ont démontré que les services de renseignement ont utilisé ce pseudonyme pour lancer des menaces […]. Prenons les événements qui ont un lien avec les actions du DAS : de prétendues organisations clandestines ont été créées pour discréditer et menacer des personnes et des organisations ».

Comme nous l’avons explicité précédemment, de telles menaces sont proférées dans un contexte généralisé de manque de sécurité tant pour l’opposition politique que pour les mouvements sociaux. Il est important de souligner que plus de 30 militants de la Marche patriotique ont été assassinés en deux ans, que l’École nationale syndicale dénonce l’assassinat de 27 syndicalistes en 2013, que le nombre de défenseurs des droits de l’Homme assassinés n’a cessé de grimper depuis trois ans, atteignant plus de 50 morts entre janvier et septembre 2013, et que, finalement, les communautés paysannes, d’origine africaine et de populations indigènes sont constamment menacées, et leurs dirigeants assassinés.

La Colombie se retrouve confrontée aujourd’hui à un processus électoral qui a besoin d’un dispositif de sécurité pour pouvoir se développer dans de bonnes conditions. Nous demandons que le gouvernement colombien prenne des mesures urgentes et efficaces afin d’instaurer ce dispositif pour les candidat(e)s de l’opposition, tout particulièrement les personnes visées par les menaces : Iván Cepeda, Alirio Uribe, Aida Abella, Omer Calderón, Carlos Lozano et Jaime Caicedo. Il incombe à l’État colombien de mener l’enquête sur les responsables de ces faits graves, de les juger et de les sanctionner.

Il est essentiel pour une démocratie que l’État garantisse la protection des droits de l’opposition politique et de toutes les personnes qui participent au processus politique démocratique.

Monsieur le Président, nous constatons qu’à l’heure actuelle, différentes catégories de personnes ne sont pas en sécurité en Colombie, et en particulier celles qui exigent le respect de leurs droits, qui pensent différemment, qui défendent leur territoire, etc.

Sans un dispositif de sécurité et des mesures claires pour enrayer l’impunité, le processus de paix aboutira difficilement, et la Colombie ne pourra construire une réalité différente de celle qu’elle connait actuellement. Par conséquent, nous demandons à l’État colombien qu’il mette en place les recommandations du système des Nations Unies qui cherchent à améliorer la situation. D’après les organisations signataires, il est important de :

  • Lutter contre l’impunité qui entoure ces menaces et ces assassinats.
  • Condamner les menaces et les assassinats de manière répétitive et publique, en particulier ceux concernant les personnes candidates aux prochaines élections.
  • Assurer une mise en place rapide des dispositifs de sécurité convenus avec les personnes visées.

Veuillez recevoir l’expression de nos salutations distinguées.

Les organisations signataires : ACAT France, Arlac Belgique, Bethlehem Mission Immensee, Broderlijk Delen, Cooperaccio, Coordination Colombie – Europe – États-Unis (CCEEU), Cordaid, FOKUS, FOS - socialistische solidariteit vzw, Fondation Sumapaz, Groupe de Travail Suisse Colombie (Arbeitsgruppe Schweiz Kolumbien), Health and Human Rights Info, Iniciativa Solidaria Internacionalista de Burgos, intal Amérique Latine Belgique, Justice for Colombia, Justicia por Colombia, plateforme d’organisations d’Espagne, kolko - Derechos Humanos por Colombia, La Plateforme asturienne pour la paix en Colombie - PLASPAZ, La Plateforme colombienne des Droits de l’Homme, de la Démocratie et du Développement, Misereor, Observatoire pour l’Autonomie et les Droits des Peuples Indigènes en Colombie, Office international pour l’action en faveur des droits de l’Homme en Colombie – Oidhaco, réseau de 35 organisations européennes Organisation Mondiale Contre la Torture - OMCT, Pan para el Mundo, Plateforme d’organisations de développement européennes en Colombie - PODEC, rete italiana di solidarietà colombia vive, Soldepaz Pachakuti, Solidarité Socialiste - Solsoc, SOLIFONDS, Taula Catalana per la pau i els Drets Humans a Colòmbia, The Norvegian Human Rights Fund,

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Pays : Colombie

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