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L’Europe s’attaque, timidement, à cette mondialisation qui tue

Les grandes entreprises devront dorénavant communiquer sur leur impact social, y compris via leurs sous-traitants. Une réelle avancée. Mais sera-ce suffisant pour éviter de nouveaux drames comme les 1.138 morts au Bangladesh en 2013 ? Selon la coalition belge pour le travail décent, pas sûr.

La directive [1] votée aujourd’hui au Parlement européen marque un progrès dans la responsabilisation des entreprises multinationales. C’est en effet la première fois que l’Europe rend contraignante une démarche de responsabilité sociale des entreprises. L’autre progrès notable c’est la reconnaissance d’une responsabilité de filière : l’entreprise devra informer (via un rapport annuel), sur ce qu’il se passe chez ses sous-traitants, en termes d’impacts sur les droits humains, les droits des travailleurs et l’environnement. Une avancée majeure puisqu’on sait que c’est dans la chaîne de production que les impacts les plus graves ont lieu.

Le 24 avril prochain marquera le triste anniversaire de la mort des 1.138 travailleurs dans l’effondrement d’un immeuble d’usines au Bangladesh, qui produisait des vêtements pour, e.a., Benetton, Mango et Carrefour. Certaines marques ont longtemps nié s’approvisionner dans cette usine. Le moins qu’on puisse exiger pour éviter d’autres catastrophes similaires, c’est plus de transparence. La nouvelle directive ne permet malheureusement pas de pouvoir affirmer « plus jamais ça », mais c’est un premier pas dans cette direction.

Certes, « (…) des propositions bien plus ambitieuses et contraignantes étaient sur la table, comme des indicateurs précis et comparables.. Malheureusement de nombreux Etats-Membres, comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, les ont refusées et ont, au contraire, ouvert des failles qui rendront les futurs rapports d’entreprises incomplets. » s’indigne Michel Cermak. En effet, pour le Coordinateur de la Coalition belge pour le travail décent.« Il semble bien qu’on doive se satisfaire de cette petite avancée, mais cela laisse un goût amer de constater l’incapacité des dirigeants européens à agir plus vite, plus fort, quand des milliers de vies sont en jeu. »

Après une approbation formelle par le Conseil européen, cette directive devra être traduite en loi belge. La Coalition belge pour le travail décent sera très attentive à ce que cela soit l’occasion d’un renforcement du texte, pour accélérer la transition vers une mondialisation juste !

La Coalition belge pour le travail décent est composée des 3 syndicats CSC, FGTB et CGSLB ainsi que des ONG de solidarité internationale 11.11.11, Solidarité Mondiale, Solidarité Socialiste, Oxfam Solidarité, Oxfam Magasins du monde, FOS, achACT, le GRESEA et le CNCD-11.11.11 et agit depuis 2007 pour mettre en cohérence les impacts internationaux des politiques belges avec les engagements de la Belgique pour l’agenda de l’OIT pour le travail décent.

Contact presse :

En savoir plus : voir le media briefing, reprenant précisément les avancées et les déceptions engendrées par ce texte, préparé par la European Coalition for Corporate Justice : http://www.corporatejustice.org/IMG/pdf/media_briefing_26-02-2014.pdf

Notes

[1] « Directive sur la publication d’informations non financières par certaines grandes sociétés », voire http://www.europarl.europa.eu/oeil/popups/ficheprocedure.do?reference=2013/0110(COD)&l=FR

LE CROCO,

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