CP du 13/07/2017
Solidarité Socialiste

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Colombie : San Jose de Apartadó à nouveau victime de violences paramilitaires

Le mardi 11 juillet, des paramilitaires ont tagué plus de 20 maisons du village de San José à Apartadó dans la région de Uraba au nord de la Colombie. San José est une des communautés les plus touchées par la violence armée et par le phénomène de l’accaparement de terres depuis plus d’une décennie. Le message des paramilitaires est clair : « Nous venons pour rester ». Solidarité Socialiste et son partenaire IPC (Institut Populaire de Formation) s’inquiètent de la récurrence des violations des droits humains perpétrées par des groupes armés dans la région et demandent aux autorités colombiennes, belges et européennes compétentes de réagir.

Déjà en 2005, San José a été victime d’un violent massacre perpétré par les paramilitaires en collaboration avec les forces de sécurité : 5 adultes et 3 enfants y ont perdu la vie. Les séquelles de longues années de conflit armé restent tristement visibles. Des enfants jouent sur fond de graffitis représentant les victimes, des entrepôts anciennement destinés à la transformation du cacao laissés à l’abandon depuis qu’ils ont été pillés par les paramilitaires, des bases militaires qui surveillent le village... À quelques centaines de mètres, un projet porteur d’espoir avait vu le jour en 1997. Quelques-unes des communautés qui constituent San José de Apartadó s’autoproclamaient alors « Communauté de paix » et s’engageaient à ne pas se laisser entraîner dans le conflit. Ils instaurent à l’époque leurs propres règles et refusent l’accès à tout intervenant impliqué dans le conflit. Mais l’association dérange : depuis sa création, plus de 170 de ses membres ont été victimes d’un meurtre ou d’une disparition forcée !

Ces dernières années, la présence de paramilitaires s’est fortement accrue. Leur objectif : contrôler l’action et les ressources des communautés. Entre 2015 et 2017, plus de six attaques ont été signalées. Le 3 février 2017, les paramilitaires ont violé une jeune fille et menacé plusieurs leaders de la communauté. Face à ces atrocités, les autorités locales ferment les yeux. Pire encore, elles se servent des médias pour divulguer des vidéos qui nient ces exactions. Depuis la signature des accords de paix et le retrait des FARC du territoire, paradoxalement, la situation n’a fait qu’empirer…

Solidarité Socialiste et son partenaire IPC, actif dans la région aux côtés des défenseurs de droits humains dans la région, condamnent fermement ces violences et adressent aux autorités colombiennes un appel en vue de la protection des populations civiles et de la poursuite judiciaire des responsables de ces actes criminels. Elles tiennent également à alerter à nouveau le gouvernement belge sur la situation, afin qu’il puisse faire pression dans le même sens, et prenne ses responsabilités sachant qu’il appuie, via différents canaux, dont ceux de la coopération belge et européenne, une série d’acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux en Colombie. Elles rappellent enfin l’urgence de prendre en considération la situation des droits humains dans l’établissement de traités de libre commerce ou d’investissement susceptibles d’accentuer le phénomène d’accaparement de terre et des conflits armés qui y sont liés.

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