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Guinée Bissau : bilan d’un partenariat historique qui s’est achevé fin 2016

Depuis son indépendance en 1973, la Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise, a connu une instabilité socio politique chronique. Après plus de dix années de guerre de libération, violences politiques, militaires et coups d’État ont été de pair avec l’hypertrophie des forces armées, conséquence de la guerre. Les ajustements structurels imposés par le FMI en 1985 ont libéralisé l’économie et progressivement installé une démocratie de façade tout en réduisant drastiquement les moyens de l’Etat. S’en est suivie l’apparition d’une moyenne bourgeoisie consumériste dans les villes, allant de pair avec l’abandon des campagnes et des quartiers défavorisés, et pour résultante une explosion des inégalités, l’émergence de l’extrême pauvreté, de la petite délinquance puis de réseaux mafieux incontrôlés. Le tout dans un climat d’alternance entre élections et coups d’Etats. Cette instabilité socioéconomique et politique a progressivement profité au narcotrafic international dont cette région côtière difficile à contrôler et désormais corruptible est devenue une plaque tournante. Avant les ajustements structurels, les ONG comme Solsoc aidaient l’Etat révolutionnaire, en particulier le parastatal Solidami, à favoriser l’émergence d’associations villageoises et de coopératives un peu partout dans le pays. Lors du désengagement de l’Etat qui a perdu un tiers de ses fonctionnaires, ce sont ces mêmes associations qui se sont autonomisées et organisées pour combler les déficiences de l’Etat libéral.

L’agriculture et la pêche sont les principales activités économiques de la Guinée-Bissau. Egalement riche en bois, la Guinée-Bissau reste cependant l’un des pays les plus pauvres au monde. Le budget de l’État dépend pour plus de deux tiers de l’aide internationale, de surcroît régulièrement suspendue dans les périodes de troubles politiques. Les infrastructures du pays sont précaires et les services de base à la population très insuffisants, le pouvoir public étant pratiquement absent des zones populaires.

Au lendemain de la décolonisation, Solidarité Socialiste avait souhaité soutenir le rêve de paix et de prospérité de ses partenaires en Guinée-Bissau, de la même manière qu’elle avait partagé les aspirations à l’indépendance d’autres pays africains. L’objectif fut alors de soutenir les organisations de la société civile afin qu’elles puissent participer à la définition du destin du pays et peser dans la formulation et l’application des politiques publiques. Les organisations de la société civile représentaient en effet un levier fondamental pour favoriser l’autodétermination et la démocratie à tous niveaux.

Dans une première étape, Solidarité Socialiste s’est investie dans le domaine de la souveraineté alimentaire et de l’éducation populaire, afin que la paysannerie bissau-guinéenne soit davantage connectée aux enjeux liés à la préservation de son territoire, de son environnement et à la gestion durable de ses ressources naturelles.

Depuis 2008, cet appui s’est poursuivi en se focalisant sur la promotion de l’économie solidaire. Cette alternative au modèle de l’économie capitaliste est à même de renforcer un mouvement social revendicatif en matière de politiques publiques, notamment sociales, pour les producteurs et productrices. Le travail d’éducation populaire qui y est intrinsèquement lié vise à conscientiser les acteurs à leurs droits afin qu’ils se mobilisent collectivement pour les défendre. Cette culture de l’autonomisation va à l’encontre de celle de l’assistanat. Dans ce cadre, les organisations partenaires de Solsoc ont notamment développé une stratégie de mise en place de fonds rotatifs solidaires pour développer des activités économiques qui prennent en compte une série de valeurs et de principes de justice sociale. Progressivement un certain nombre d’organisations et de bénéficiaires du programme Solsoc ont pu ainsi se doter de fonds de coopération à leur portée et renforcer leur autonomie financière.

En 2008, Solidarité Socialiste a débuté un travail avec deux organisations partenaires, AD et ADIM. Le travail a été coordonné par une coordination, le PROCIVICUS. La recherche d’une dynamique de travail en réseau a permis à PROCIVICUS de tisser des relations avec d’autres réseaux et organisations à l’intérieur et au-delà du cadre de la coopération développée avec Solsoc. Ce fut le cas notamment avec APALCOF, l’Association des Productrices et de l’Autopromotion pour la Lutte Contre la Faim, AVACOG, l’Association des Veuves de Combattants de la Guerre d’Indépendance, le CNCR, le Conseil National de Concertation et de Coopération Rurale, RAMOB, le réseau des Associations des habitants de Bissau, RADEL, le Réseau des Associations de Développement Local de la zone de Cacine, l’UAC, l’Union des Agriculteurs de Catanhez, l’UPCA, l’Union des Producteurs de la Chaine Avicole et la table des partenaires de l’économie sociale et solidaire (C.SOCIAL, ENGIM, IMI) autant d’acteurs dont il nous faut saluer l’admirable travail et le chemin accompli. C’est ce tissu associatif, en partie basé sur les structures traditionnelles villageoises, qui a toujours réussi à assurer la résilience des populations malgré une histoire mouvementée, contre les exactions successives du colonisateur, de l’armée et des organisations mafieuses. Raison pour laquelle on parle peu de la Guinée-Bissau : lors d’une guerre civile à la capitale en 1998, les campagnes guinéennes avaient accueilli les quelque 300 000 réfugiés pendant de nombreux mois sans effaroucher nos frontières…

A l’issue du partenariat avec notre ONG, ces relations avec la société civile locale constituent une base importante pour la poursuite du travail, notamment dans le domaine des synergies et des complémentarités pour le développement des actions d’Économie Sociale et Solidaire en Guinée Bissau. A luta continua !

LE CROCO,

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