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Les Congolais de l’Est ont bien plus à perdre que leur épargne !

mercredi 19 novembre 2008

Chaque jour qui passe rend la situation de plus en plus explosive à l’Est du Congo. Près de quinze ans après le génocide au Rwanda, la persistance d’anciens génocidaires sur le sol congolais représente une des causes à la base de la situation dramatique que connaît l’Est du Congo. Ceux-ci, alliés à d’autres Rwandais au sein des FDLR (les Forces démocratiques de libération du Rwanda), sont une menace persistante pour le Rwanda et certaines communautés congolaises. A côté de ces groupes, d’autres mouvements armés, tels le CNDP et le PARECO, continuent, malgré les accords de paix, d’alimenter le conflit et de terroriser la population congolaise. Les combats opposant ces groupes et l’armée congolaise, tout comme les innombrables contraintes que tous ces hommes armés infligent aux populations civiles, meurtrissent ces populations et les obligent à fuir sur les routes des provinces de l’Est du pays, comme actuellement au Nord-Kivu.

La situation humanitaire est catastrophique, sur fonds de pillages et de viols, et l’on dénombre près de 250.000 personnes ayant dû fuir leur domicile depuis début septembre 2008. Les conflits rendent difficile la mise en œuvre des projets de développement en République démocratique du Congo. L’aide d’urgence est elle-même difficile dans certaines zones durement touchées et actuellement inaccessibles. Plusieurs facteurs persistants semblent condamner la région à retomber dans les conflits : l’exploitation illégale des ressources naturelles (cassitérite, coltan, etc.) qui représente le moteur économique du conflit ; la persistance d’un petit groupe d’anciens génocidaires rwandais au sein de groupes rebelles rwandais bien implantés dans les communautés congolaises qui empêche une pacification des relations rwando-congolaises ; l’impunité qui alimente l’usage à large échelle du viol comme arme de guerre et qui entretient l’illusion au sein des mouvements rebelles que le chemin le plus court vers le pouvoir politique reste l’utilisation des armes ; l’absence d’une armée congolaise digne de ce nom et les manquements de la MONUC incapable de garantir la paix et la sécurité des populations civiles ; le non respect répétitif des engagements pris par les groupes armés rebelles. Cette situation annihile tout espoir de développement économique et social pour les populations civiles en détresse.

Dans ce contexte, l’urgence à court terme consiste à garantir la distribution de l’aide humanitaire et la sécurité des populations civiles. Mais la solution à long terme du conflit est d’ordre politique. Le cadre de cette solution est connu : les accords de Nairobi et de Goma sont censés aboutir au désarmement et au rapatriement des groupes armés étrangers et au démantèlement des mouvements rebelles. Mais la volonté politique, aussi bien des pays de la région que de la communauté internationale, continue de faire défaut. Le refroidissement des relations belgo-congolaises a empêché la Belgique de jouer pleinement son rôle en vue de maintenir l’Afrique centrale en haut de l’agenda des priorités de la communauté internationale. Malgré ses importants moyens et un mandat renforcé, la MONUC a été incapable de mener à bien sa mission. Pourtant, les dernières résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU de mai 2007 et de décembre 2007 vont bien au delà de la simple protection des populations. Sous le paragraphe « Désarmement et démobilisation des groupes armés étrangers et congolais », on peut notamment lire que la MONUC aura pour tâche de « dissuader toute tentative de recours à la force qui menacerait le processus politique de la part de tout groupe armé, étranger ou congolais, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo, y compris en utilisant des tactiques d’encerclement et de recherche pour prévenir les attaques contre les civils et perturber les capacités militaires des groupes armés illégaux qui continuent à faire usage de la violence dans ces régions ».

L’évolution du conflit à l’Est de la République démocratique du Congo rappelle des scénarios du passé ayant mené à l’internationalisation du conflit et à des millions de morts. L’urgence impose de mettre au plus vite en œuvre un plan de sortie durable de l’insécurité dans la région, selon les termes des accords de Nairobi et de Goma. Il est temps de garantir les dividendes économiques et sociaux de la démocratie aux populations congolaises. C’est pourquoi le CNCD-11.11.11 et 11.11.11-KVNZB demandent à la Belgique, à l’Union européenne, aux Nations unies et à l’Union africaine de mettre tout en œuvre pour rétablir la paix, assurer la protection des populations − en particulier des femmes victimes de viols − et promouvoir le développement dans l’Est du Congo. Cela passe notamment par les mesures suivantes :

- Prendre toutes les mesures pour assurer l’acheminement de l’aide d’urgence humanitaire et garantir la protection des populations civiles qui sont victimes de ce conflit depuis de longues années ;

- Assurer la protection des femmes et des enfants contre les viols et les violences sexuelles et assurer l’approvisionnement des camps et des centres d’accueil des déplacés en kits de soins après viols ;

- Assurer la mise en œuvre selon les accords de Nairobi d’un plan de désarmement et de rapatriement des FDLR ;

- Appliquer les directives opérationnelles permettant à la MONUC de garantir la paix et la protection des populations civiles et, si nécessaire, augmenter le contingent de la MONUC et envoyer en soutien une force d’intervention européenne ;

- Assurer la formation et l’encadrement d’une armée congolaise républicaine capable d’assurer la sécurité des populations civiles ;

- Opérer une démarche efficace envers les pays de la région pour mettre fin au trafic des armes et aux incursions de bandes armées étrangères sur le territoire congolais ;

- Réaliser une enquête internationale sur le pillage des ressources naturelles qui représente le moteur économique du conflit et promouvoir un mécanisme de « traçabilité » de la commercialisation de ces ressources par un cadastre des entreprises ;

- Lutter efficacement contre l’impunité et promouvoir un Etat de droit garantissant la justice et coopérant avec la Cour pénale internationale pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ;

- Assurer une démarche coordonnée et cohérente de l’Union européenne, en collaboration avec l’Union africaine et les Nations unies, sur tous les thèmes et vers tous les pays de la région concernés par cette crise.

Le développement du Congo et le retour de la paix en Afrique centrale doivent être une priorité du gouvernement belge. La normalisation des relations est cruciale pour amener à nouveau la Belgique à contribuer pleinement à l’accomplissement de ces deux objectifs, d’autant plus que les moyens disponibles dans le cadre du programme indicatif de coopération sont actuellement bloqués dans l’attente de cette normalisation des relations diplomatiques. C’est pourquoi le CNCD-11.11.11, dont Solidarité Socialiste est membre, et 11.11.11-KVNZB demandent à la Belgique de promouvoir activement ce plan d’action pour la paix et le développement au Congo au sein de l’Union européenne et du Conseil de sécurité des Nations unies.

LE CROCO,

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