Sénégal
Au Sénégal, la région de Kaolack est une zone rurale. Les paysans y cultivent l’arachide dont les prix ne cessent de baisser. 93% des familles vivent sous le seuil de pauvreté. C’est dire si, pour ces petits agriculteurs, l’accès aux soins de santé est très difficile.
Et c’est particulièrement vrai pour les femmes qui consacrent treize heures par jour en moyenne aux tâches domestiques : "Nous nous levons au chant du coq, à cinq heures du matin, pour aller chercher de l’eau. Nous rentrons généralement assez tard, parce que les puits s’assèchent. Ensuite, nous devons aller en brousse chercher du bois de feu. Puis, au lieu de nous reposer, nous devons broyer le mil et préparer le repas", Diabou Diouf, habitante de Ngueye-Ngueye.
D’autant plus que les problèmes de santé qui leur sont spécifiques ne sont guère pris en compte : précocité des grossesses, mutilations génitales, accouchement sans assistance par manque de sages-femmes, pas de suivi postnatal, par manque d’informations ou du fait d’un tabou culturel qui interdit de parler de cela. "En raison du manque d’infrastructures adaptées, il est difficile d’assurer le suivi médical nécessaire. (...) Lorsque je suis absente, les femmes doivent se précipiter à Tambacounda qui se trouve à 35 kilomètres. Et la situation devient critique si une femme n’a pas l’argent pour payer le transport", Fanta Traoré, infirmière du village de Gouloumbou.
Dans ce contexte, le réseau de mutuelles de santé Oyofal Paj, soutenu par Solidarité Socialiste, parmet à ses 16.000 membres, dont plus de la moitié sont des femmes, d’accéder aux soins de santé de base. Il a progressivement adapté ses services pour prendre en compte les services de consultation et de prévention liés à la maternité. Les services sont couverts à hauteur de 75% du coût.
Les mutuelles d’Oyofal Paj ne se contentent pas de couvrir les soins : en effet, d’autres facteurs influent sur la prise en charge de la santé maternelle. Elles sensibilisent la population par la radio, des débats, des mobilisations. Le but est de limiter les soins nécessaires en modifiant les comportements des femmes en âge de reproduire. Bien sûr, ces efforts ne sont pas limités aux femmes : la sensibilisation des hommes est également indispensable pour les responsabiliser aux questions de santé au sein de la famille.
A un autre niveau, la priorité au Sénégal est la construction d’un mouvement de mutuelles fort, capabler d’influencer les politiques de santé publique pour étendre la protection sociale à toutes et tous.



