Guinée-Bissau
L’économie de la Guinée-Bissau repose essentiellement sur l’agriculture et seules les ONG lui accordent de l’importance, l’État s’en souciant peu et laissant les paysans à leur sort difficile.
C’est le cas dans la filière de la noix de cajou. Les noix produites sont quasi toutes exportées vers l’Inde, où elles sont transformées et réexportées vers les Etats-Unis et l’Europe : "Depuis les années 80, je travaille comme intermédiaire pour les Indiens, mais c’est devenu risqué parce que je finance parfois l’achat des noix de cajou avec mes propres moyens et je rencontre des difficultés à les vendre à bon prix. Il m’arrive même de rester avec les noix de cajou sur les bras", António Pereira Batista, propriétaire d’un verger de cajou et intermédiaire dans la commercialisation du fruit.
Pourtant, transformer les noix de cajou sur place serait tout bénéfice pour les paysans : cela augmenterait le prix du produit, créerait des emplois et permettrait de produire de l’électricité par la combustion des écorces.
Solidarité Socialiste est partenaire avec les ONG Acção para o Desenvolvimento (AD) et Associação de Desenvolvimento Integrado das Mulheres (ADIM). Elles ont formé un réseau, Procivicus, pour améliorer la situation des petits paysans et renforcer les associations qui les représentent.
"Je travaille deux jours pour le propriétaire de la plantation de cajou et un jour pour moi. Je vends les noix de cajou que je récolte à des intermédiaires qui les revendent aux Indiens. Je dois les vendre en début de saison, ce qui veut dire à un prix très bas qui constitue mon salaire. Je suis obligée de vendre ma production durant cette période afin de pouvoir acheter du riz pour nourrir la famille", Helena Imbundé, de Cubampor, dans le secteur de São Domingos.
Procivicus aide Helena, comme bien d’autres petits agriculteurs. Il crée des petites unités de décorticage dans les zones de production, construit des infrastructures de stockage et de conservation des noix et développe des actions destinées à diversifier les sources de revenus des familles. En outre, il crée des structures locales de concertation des producteurs et renforce l’organisation des associations impliquées dans la gestion de la filière.
Ces initiatives se révèlent payantes, et la situation des membres du réseau s’améliore : "Je suis propriétaire d’un verger de cajou et membre de l’Union des Associations de Cantanhez, soutenue par Procivicus. En plus du cajou, j’ai introduit la culture d’autres fruits, comme le citron, la mandarine et l’orange, ce qui me permet de ne pas dépendre du prix de la seule noix de cajou. Ainsi, ma famille et moi ne connaissons pas la faim", Anssumane Culubali, de Farosadjuman, secteur de Cubucaré.



