Colombie
La Colombie veut profiter de l’alléchant marché des carburants agricoles. Pour ce faire, elle augmente dramatiquement la production de biodiesel et de bioéthanol tirés respectivement de la palme africaine et de la canne à sucre.
Résultats : la superficie des terres consacrées à la monoculture de la palme et de la canne à sucre a explosé et les conditions de travail des paysans et ouvriers agricoles se sont très fortement dégradées.
Sont mis en danger : les communautés locales, l’agriculture familiale, les syndicats, l’environnement, la biodiversité.
Une grande partie de la vallée du Cauca est ainsi occupée par les plantations de canne à sucre. Les travailleurs de ce secteur n’ont généralement aucun contrat, pas de protection sociale, ne sont pas syndiqués, ont des salaires très bas et vivent au jour le jour. Pas question de retraite : il faut poursuivre le travail le plus longtemps possible, sans quoi l’on sombre dans une pauvreté plus grande encore.
Pourtant les journées de travail sont harassantes : "La journée de travail commence vers six heures du matin et se poursuit parfois jusqu’en soirée, car nous devons couper toujours plus de canne pour essayer de gagner un peu plus. Généralement, la quinzaine ne suffit pas pour vivre", Luis Talaga, coupeur de canne.
Le contexte est hostile aux syndicats : de nombreuses zones de plantations sont situées dans des zones de conflits, et quiconque devient membre d’une organisation syndicale subit des pressions et des menaces de la part des paramilitaires qui travaillent de connivence avec les employeurs.
Pourtant, des travailleurs luttent pour défendre leurs droits. C’est le cas de 18.000 coupeurs de cannes de la vallée du Cauca qui ont entamé un bras de fer avec leurs employeurs. Leur lutte a été soutenue par l’École Nationale Syndicale, un des partenaires de Solidarité Socialiste en Colombie, qui leur a apporté un appui et un accompagnement juridique et a relayé leurs revendications sur le plan national et international.
Le travail de Solidarité Socialiste en Colombie consiste à appuyer et renforcer les organisations qui défendent les droits des populations locales à une vie digne, à un travail décent, et à l’accès à la propriété des terres pour une production agricole qui leur apporte des revenus et des aliments de qualité et abordables financièrement.



