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Colombie

LE CHEMIN VERS LA PAIX PARSEMÉ D’OBSTACLES

L’année 2016 a été une année phare pour la Colombie. En septembre 2016, le président colombien Juan Manuel Santos a rencontré le dirigeant de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Timoleon Jimenez, à La Havane. Plusieurs mois de négociations ont abouti à une première proposition d’Accord, soumise au peuple colombien en octobre à travers un référendum. Malheureusement, le non l’a largement emporté, avec un taux d’absentéisme particulièrement important. Quelques semaines plus tard, une page de l’histoire de la Colombie se tournait : le gouvernement du Président Santos et les FARC signaient un Accord de paix qui entend mettre fin à plus de 50 années de conflit. Les efforts en faveur du processus de paix du Président ont été salués par la communauté internationale et récompensés par la remise du Prix Nobel de la Paix. Mais malgré les déclarations de bonnes intentions gouvernementales en ce qui concerne la restitution des terres et les accords de paix, la présence des groupes paramilitaires et la force politique des partis traditionnels liés aux grands intérêts économiques continuent à freiner considérablement le processus. Sur le terrain, la situation a peu changé : les communautés continuent à être menacées et ont beaucoup de difficultés à récupérer leurs terres malgré les décisions juridiques.

Colombie

Donner les clés aux victimes du conflit pour qu’elles puissent défendre leurs droits

« Je m’appelle Diana Carolina Mestra Tordecilla, mère et chef de famille. En 2016, j’ai suivi une formation appuyée par l’IPC et l’Association Terre et Paix à Apartadó. Au cours de cette expérience, j’ai eu l’opportunité de rencontrer des personnes très importantes à mes yeux et j’ai enfin mieux compris le conflit qu’a vécu notre pays.

Un jour, j’ai été invitée à une réunion de l’association Terre et Paix. Il s’agit d’une organisation particulièrement importante pour notre région qui, grâce au soutien de l’IPC et de Solidarité Socialiste, accompagne et forme les populations d’Uraba. Je suis très reconnaissante d’avoir été prise en compte et d’avoir participé à la défense de nos droits en tant que personnes déplacées et réclamants des terres.

Deux champs d’action : l’Economie solidaire et les droits humains

En Colombie, Solidarité Socialiste soutient deux organisations, ATI (Association de Travail Interdisciplinaire) à Bogota et l’IPC (Institut Populaire de Formation) à Medellín, qui, à leur tour, appuient des associations locales.

ATI a particulièrement mit l’accent sur le développement d’initiatives d’économie sociale et solidaire. Elle a, à titre d’exemple, appuyé le collectif des paysannes d’Ubaque « Semence de Paix et Vie », en proposant des formations et en favorisant leur participation à des marchés alternatifs, locaux et régionaux pour la commercialisation directe de leurs produits. Elles sont arrivées, au terme de trois années de travail, à bénéficier de plus d’autonomie et de perspectives à long terme.

Le travail de l’IPC s’articule surtout autour de l’accompagnement des victimes des conflits, notamment dans le cadre du processus de réclamation de leurs terres. Dans la région d’Uraba, il a mis en place, en collaboration avec l’organisation locale « Terre et Paix » et avec l’appui financier de Solidarité Socialiste, une formation à laquelle participent en moyenne chaque année 60 leaders des différentes communautés et organisations de victimes, en partenariat avec l’Université d’Antioquia, le gouvernement national et la municipalité d’Apartado. Cette méthodologie a permis de former 500 leaders qui connaissent et utilisent les voies juridiques et administratives pour réclamer la restitution de leurs terres.

Au niveau politique (tant régional que national), les deux organisations appuient des réseaux tels que REDEPAZ (Réseau National d’Initiatives Citoyennes pour la paix et contre la Guerre), qui interpellent les pouvoirs publics, notamment en ce qui concerne la restitution des terres. En 2016, REDEPAZ a élaboré 5 propositions pour les présenter à la table de négociations entre les FARC et le gouvernement en incluant entre autres la question de la sécurité des réclamants de terres qui reviennent sur leurs territoires.

Une mission parlementaire sur la question des accaparements de terres

Du 29 octobre au 5 novembre 2016 une délégation de la Coordination Belge pour la Colombie, composée notamment de trois députées belges, Gwenaëlle Grovonius (PS), Olga Zrihen (PS) et Hélène Ryckmans (Ecolo), d’une députée autrichienne, Petra Bayr (PSD) et d’une eurodéputée espagnole Tania Gonzalez Peñas (MEP GUE/NGL group s’est envolée vers la Colombie pour une mission d’information, encadrée par Solidarité Socialiste ; Broederlijk Delen et des organisations colombiennes qu’ils appuient.

L’objectif de cette mission était d’informer et sensibiliser les participants sur l’importance et la complexité de la thématique de la terre dans la construction d’une paix durable en Colombie, avec un accent particulier sur les responsabilités des institutions de l’UE et des gouvernements nationaux. Plusieurs rencontres de terrain ont été organisées. Dans la région de Uraba, l’une des plus touchées par le phénomène de l’accaparement des terres, les parlementaires ont eu l’occasion de se réunir avec des agriculteurs de la région et des leaders afro-colombiens, d’écouter leurs témoignages et échanger avec eux. La délégation a également rencontré des décideurs politiques, au niveau national et local. Une rencontre a eu lieu à l’Unité pour les victimes, service national décentralisé chargé de la restitution des terres et de la réparation des victimes, où les parlementaires ont notamment interrogé la directrice sur l’efficacité de ce service. Enfin, elles se sont rendues à la représentation de l’Union Européenne afin de discuter de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Colombie.

Suite à la mission, de nombreuses actons de plaidoyer et de sensibilisation ont été organisées ou programmées par les différentes parlementaires qui avaient intégré la mission, que ce soit au plan européen, fédéral ou wallon. Une résolution qui abordera la question des accaparements de terre, des Droits humains et du processus de Paix, en lien avec la ratification du Traité de Libre Commerce UE-Colombie est en cours de préparation et devrait aboutir en 2017. À suivre…

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