Cap Vert
À Ponta d’Água, dans la périphérie de Praia, la capitale du Cap-Vert, seul un tiers des 13.000 habitants du quartier a accès à l’eau courante. La majorité d’entre eux s’alimentent aux fontaines ou aux camions-citernes dont l’eau est trois fois plus chère.
Les files d’attente sont longues. Pour y avoir une bonne place, les femmes et les enfants, chargés de la corvée d’eau, doivent se lever très tôt, parfois en pleine nuit. Ils emmènent généralement plusieurs récipients de 25 litres à la fois pour ne pas devoir effectuer plusieurs trajets afin de collecter suffisamment d’eau. Beaucoup de temps et d’énergie perdus pour les enfants et pour les femmes, avec à la clé des problèmes scolaires et de revenus.
Le manque de disponibilité en eau cause aussi des problèmes de santé, surtout en période de fortes chaleurs, lorsque les pénuries et les coupures sont fréquentes. C’est à cause du manque d’eau, lié à l’absence d’égouttage et de système de collecte et de traitement des déchets solides, que les enfants surtout ont certaines maladies de la peau, mais aussi des maladies respiratoires aiguës, des gastroentérites et d’autres infections. Pour corser le tout, la grande majorité des familles pauvres ne disposent pas de l’argent nécessaire pour payer les consultations médicales, ou si elles l’ont, pour acheter les médicaments prescrits par les médecins.
"Lorsqu’il y a rupture d’eau à Ponta d’Água, l’incidence des maladies infectieuses et diarrhéiques augmente chez les enfants. Le centre de santé du quartier peut alors accueillir plus de 50 enfants par jour", Olivia Mendes, coordinatrice du programme au Cap-Vert.
L’ONG Citi-Habitat, l’un des trois partenaires de Solidarité Socialiste au Cap-Vert, est basée dans le quartier de Ponta d’Água, où elle concentre la majeure partie de ses actions pour l’accès à l’eau potable, aux soins de santé et à l’assainissement. Elle a fourni l’eau courante à 700 foyers, forme des agents de santé, soutient des campagnes de vaccination et de propreté et sensibilise la population via une radio locale, Voz de Ponta d’Água.
"Depuis que j’ai l’eau à la maison, je me sens plus heureuse et la vie de ma famille s’améliore. Je vais profiter du temps gagné pour m’occuper des enfants", Maria, habitante du quartier.
Depuis quelques années, Citi-Habitat soutient également la mise en place de mutuelles de santé pour les populations pauvres, comme système alternatif de sécurité sociale. L’objectif est de créer des réseaux de mutuelles capables de faire pression sur les pouvoirs publics et les décideurs politiques pour que soit mis en place un système de soins de santé basé sur la solidarité nationale.



